Certifications6 min de lecture
Réussir le PAL I : cinq erreurs autorisées, et Scrum n'est pas le sujet
36 questions et toujours 85 % : la marge la plus serrée du catalogue. Et réviser le Scrum Guide ne suffira pas, parce que l'épreuve teste autre chose.
Dans ce guide
- Le format, tel qu'il est publié
- Cinq domaines, le programme le plus large du catalogue
- Le piège central : la bonne pratique, la mauvaise raison
- « La valeur, pas X »
- Les réflexes à désapprendre
- Ce que le manager devient
- Se préparer en trois mouvements
- 1. Lire l'EBM Guide autant que le Scrum Guide
- 2. Travailler la posture, pas les définitions
- 3. Chasser vos propres réflexes
- Questions fréquentes
- Combien de bonnes réponses faut-il pour le PAL I ?
- Le PAL I s'adresse-t-il aux Scrum Masters ?
- Faut-il connaître le Scrum Guide ?
- Faut-il lire l'EBM Guide ?
- Le PAL I expire-t-il ?
- À retenir
Le PAL I compte 36 questions, et le seuil reste à 85 %. Il faut donc 31 bonnes réponses : cinq erreurs, pas une de plus.
C'est la marge la plus étroite de tout le catalogue, et ce n'est pas la principale difficulté.
Un candidat qui prépare cette certification en relisant le Scrum Guide révise à côté. L'épreuve porte très peu sur les rôles et les artefacts. Elle porte sur la posture d'un dirigeant, et surtout sur les réflexes de management qu'il faut avoir désappris.
Le format, tel qu'il est publié
Les chiffres viennent de la fiche officielle du PAL, vérifiés en septembre 2026.
- 36 questions en 60 minutes.
- Seuil de réussite : 85 %, donc 31 bonnes réponses et cinq erreurs au maximum.
- 200 dollars par tentative.
- Choix unique, choix multiple et vrai-faux.
- Anglais uniquement.
Trente-six questions donnent près de cent secondes chacune. Le temps n'est pas le problème ici, la marge l'est.
Cinq domaines, le programme le plus large du catalogue
Là où les autres certifications en annoncent deux ou trois, le PAL I en couvre cinq.
Comprendre et appliquer le cadre, réduit à l'essentiel : l'empirisme, les valeurs, la Scrum Team, les événements.
Développer les personnes et les équipes, avec l'auto-gestion, la facilitation, et surtout les styles de leadership.
Gérer le produit avec agilité : la prévision, la valeur produit, les parties prenantes.
Livrer professionnellement, sous l'angle du développement émergent.
Faire évoluer l'organisation agile, avec la conception organisationnelle, la culture, et l'Evidence-Based Management.
Ce dernier domaine n'existe nulle part ailleurs dans le catalogue de fondation. Il suppose un second texte officiel, l'EBM Guide, en plus du Scrum Guide.
Le piège central : la bonne pratique, la mauvaise raison
Voici le motif le plus subtil de cette épreuve, et il ne ressemble à aucun autre.
L'énoncé propose une pratique réellement recommandée. Dédier une personne à une seule équipe, par exemple, ou stabiliser la composition des équipes. Vous la reconnaissez, elle est juste, vous la validez.
Sauf que la réponse lui attribue la mauvaise justification. Elle défend la stabilité d'équipe au nom du taux d'occupation. La vraie raison tient à la cohérence de l'équipe et à la valeur livrée.
Ce piège ne teste pas si vous connaissez la pratique. Il teste si vous savez pourquoi elle est bonne. Un manager expérimenté tombe dedans plus facilement qu'un débutant, parce qu'il reconnaît la pratique et s'arrête là.
« La valeur, pas X »
Un second motif revient sous plusieurs formes, avec un X différent à chaque fois.
La valeur, pas la vitesse. La valeur, pas le coût. La valeur, pas le respect du triangle délai, budget, périmètre.
Cette répétition est délibérée. Le message est le même, l'habillage change, et rater la première occurrence ne condamne pas les suivantes si vous avez repéré le motif.
Retenez la question sous-jacente : qui détermine la valeur ? Le marché et le client, pas les dirigeants ni l'équipe.
Les réflexes à désapprendre
C'est le cœur de l'épreuve, et le programme officiel en fait un domaine à lui seul.
Le taux d'utilisation. Occuper les gens à cent pour cent ne produit pas plus de valeur. Cela allonge les délais et dégrade la qualité.
La vélocité comme mesure de productivité. Elle sert à prévoir, pas à comparer des équipes ni à évaluer une performance.
La dispersion des personnes sur plusieurs équipes. Elle paraît efficace et coûte cher en changements de contexte.
Le triangle délai, budget, périmètre. Tenir les trois n'est pas la définition du succès. Un projet livré dans les temps et sans valeur reste un échec.
Ces quatre réflexes sont ceux d'un management traditionnel compétent. C'est ce qui rend l'épreuve difficile pour un dirigeant en poste.
Ce que le manager devient
Une crainte revient chez les candidats, et l'examen la traite : le rôle du manager ne disparaît pas dans une organisation agile.
Il change de nature. Il porte le développement des personnes, la conception de l'organisation, la levée des obstacles qui dépassent une équipe. Il ne dirige plus le travail, et il ne protège plus l'organisation du changement.
Le manager n'est pas non plus un Product Owner, et l'inverse est tout aussi faux. La frontière entre les redevabilités reste celle du Scrum Guide.
Se préparer en trois mouvements
1. Lire l'EBM Guide autant que le Scrum Guide
Le domaine organisationnel s'appuie sur l'Evidence-Based Management. Sachez ce qu'il mesure et pourquoi il distingue la valeur perçue par le marché de la capacité de l'organisation à la produire.
Retenez la logique d'ensemble plutôt que les listes. L'EBM sert à décider sous incertitude, à partir de preuves et non d'opinions.
2. Travailler la posture, pas les définitions
Les styles de leadership forment un modèle de maturité, du plus combatif au plus catalytique. Aucun raccourci n'existe : une organisation ne saute pas directement au dernier.
Pour chaque situation, demandez-vous ce qu'un dirigeant fait advenir plutôt que ce qu'il décide.
3. Chasser vos propres réflexes
C'est l'exercice le plus rentable, et il n'a d'équivalent sur aucune autre certification. Prenez les indicateurs que vous suivez aujourd'hui et demandez-vous ce qu'ils mesurent vraiment.
Avec cinq erreurs de marge, une seule question mal lue pèse trois pour cent. Visez trois passages consécutifs au-dessus de 85 % avant de réserver. Les dix pièges communs aux examens Scrum valent ici aussi, sous une forme managériale.
Questions fréquentes
Combien de bonnes réponses faut-il pour le PAL I ?
31 sur 36, le seuil étant de 85 %. Cinq erreurs au maximum, la marge la plus étroite des certifications que nous couvrons.
Le PAL I s'adresse-t-il aux Scrum Masters ?
Il vise d'abord les managers et les dirigeants, ceux qui n'appartiennent pas à la Scrum Team. Un Scrum Master peut le passer, à condition de comprendre qu'on l'interrogera sur une posture de direction, pas sur l'animation d'une équipe.
Faut-il connaître le Scrum Guide ?
Oui, mais il ne suffit pas. Le cadre est supposé acquis et peu interrogé pour lui-même. L'essentiel porte sur le leadership, l'organisation et la mesure de la valeur.
Faut-il lire l'EBM Guide ?
C'est fortement conseillé. Un domaine officiel entier porte sur l'Evidence-Based Management, et aucune autre certification de fondation ne le teste.
Le PAL I expire-t-il ?
Non. Scrum.org indique que ses certifications n'expirent pas et n'exigent aucun renouvellement, ni frais ultérieurs.
À retenir
- 36 questions, 60 minutes, 85 % : 31 bonnes réponses, donc cinq erreurs au maximum.
- Cinq domaines officiels, le programme le plus large du catalogue de fondation.
- Le cadre Scrum est supposé acquis et peu interrogé pour lui-même.
- Une pratique juste assortie d'une mauvaise justification est une mauvaise réponse.
- « La valeur, pas la vitesse, pas le coût, pas le triangle » revient sous plusieurs habillages.
- Taux d'utilisation, vélocité comme productivité, dispersion des personnes : trois réflexes à désapprendre.
- Le rôle du manager ne disparaît pas, il change de nature.
Pour vous situer sur le format, l'essai libre PAL I reprend les conditions officielles avec correction immédiate, sans créer de compte.
À lire ensuite
Mettez la théorie en pratique
Testez-vous sur des examens blancs originaux, bilingues EN/FR. Compte gratuit, sans carte bancaire.